Des mythes antiques aux laboratoires du XXIe siècle, l’intelligence artificielle constitue un sujet aux ambitions de plus en plus réelles. Entre promesses technologiques, bouleversements économiques et questionnements éthiques, elle redéfinit déjà notre rapport au travail, à la connaissance et à la planète.
De l’automate à la machine pensante
Avant d’être une technologie, l’intelligence artificielle (IA) fut un rêve. Dans l’Antiquité déjà, les hommes imaginaient des êtres artificiels dotés d’une conscience, comme les automates d’Héphaïstos ou la Galatée de Pygmalion. Mais c’est au XXe siècle que ce rêve prit corps. En 1950, Alan Turing posa la question fondatrice : une machine peut-elle penser ? Son célèbre test, encore évoqué aujourd’hui, ouvrait la voie à une nouvelle ère. En 1956, la conférence de Dartmouth formalisa le terme ‘d’intelligence artificielle’. Le pari était audacieux : reproduire la logique du raisonnement humain à travers des symboles et des algorithmes. Les premières avancées furent modestes, mais les fondations d’une discipline scientifique autonome étaient posées.
Des années pionnières aux systèmes experts
Durant les décennies suivantes, les chercheurs s’attelèrent à enseigner le raisonnement aux machines. Les années 1970 et 1980 furent celles des systèmes experts, ces programmes capables de diagnostiquer une maladie ou d’analyser un problème industriel grâce à des règles dérivées de l’expérience humaine. L’IA sortait alors des laboratoires pour s’inviter dans les entreprises. Les années 2000 marquèrent une nouvelle étape, avec l’apparition des assistants personnels intelligents : Siri, Google Now, Alexa… L’IA devenait accessible, conviviale, presque familière. Elle s’invitait dans nos poches et nos foyers, apprenant à comprendre nos voix, nos habitudes, nos besoins.
L’ère des modèles géants
Depuis 2015, l’intelligence artificielle a connu une accélération importante. Les grands modèles de langage et d’images – GPT, Gemini, DALL-E – repoussent les limites de la création, de la recherche et de la communication. L’IA écrit, traduit, code, conçoit et invente à une vitesse inédite. Mais cette puissance a un coût : énergétique, environnemental et social. L’entraînement de ces modèles nécessite d’immenses quantités de données et d’énergie, soulevant la question de leur durabilité.
Des défis économiques et sociétaux
L’impact sur le monde du travail est majeur. De nouveaux métiers émergent – spécialistes des données, éthiciens, formateurs de modèles – tandis que d’autres, plus routiniers, s’automatisent. L’IA promet des gains de productivité, mais interroge la place de l’humain dans la décision. Les entreprises comme les CSE doivent déjà anticiper ces mutations : comment accompagner les salariés, valoriser les compétences, encadrer les usages ?
Sur le plan financier, les investissements se chiffrent en milliards. États et géants du numérique rivalisent pour dominer ce nouveau territoire stratégique. En France, le plan Villani puis les initiatives gouvernementales récentes visent à construire une IA ‘éthique et souveraine’, conciliant innovation et respect de la personne.
Vers une intelligence hybride ?
La recherche explore aujourd’hui des voies inédites, à la frontière du biologique et du numérique. En 2025, la société australienne Cortical Labs a présenté une IA fondée sur des organoïdes cérébraux vivants : de minuscules réseaux de neurones capables d’apprendre et de s’adapter. L’idée d’une ‘intelligence biologique’ relance le débat sur les limites éthiques de la science et sur la définition même du vivant.
À retenir sur l’IA
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